Rencontre express avec Wael Abbas, icône de la révolution égyptienne

Entre deux tweets, Wael Abbas, “blogueur en chef” comme il se définit, répond aux questions en cinq minutes chrono.

Quand vous étiez petit, pensiez-vous devenir un jour une icône nationale ?

Comme tous les gamins, je rêvais de devenir un super héros capable de changer le monde. Mais j’étais loin de m’imaginer que ce rêve pouvait un jour devenir une réalité !

Quel a été votre parcours professionnel avant la révolution ?

J’ai fais des études de littérature anglaise, puis j’ai travaillé dans l’informatique. Quand la révolution a commencé, j’étais au chômage ! Enfin, journaliste en free-lance…

Quel rôle pensez-vous jouer dans la construction de la « nouvelle » Égypte ?

Mon rôle est le même que celui que je me suis toujours donné : me battre pour la liberté d’expression et la démocratie. Mettre en place des élections ne signifie pas vivre dans un régime démocratique. La démocratie est avant tout une conscience politique et citoyenne. Ce qui est loin d’être acquis en Égypte…

Wael Abbas au colloque 4M de Montpellier. (Crédit photo: Marisol Rifai)

Dans la presse occidentale, on a beaucoup parlé  du rôle des réseaux sociaux dans la révolution.

On aurait tort de considérer les réseaux sociaux comme faiseurs de révolutions. Ils sont simplement un outil, d’une importance considérable certes et ayant contribué à accélérer les événements, mais le principal ingrédient du changement reste la motivation et la foi des gens.

Qu’est ce qui a été déterminant dans votre parcours pour devenir l’activiste que vous êtes ?

Ma famille a toujours eu un regard critique sur la politique égyptienne, mais elle ne l’a jamais exprimé publiquement. Ce sont plutôt mes études et mes lectures qui m’ont poussé à réfléchir sur les différences qu’il y avait entre l’Égypte et les autres pays européens par exemple. Pourquoi le président ne pouvait-il pas changer tous les quatre ou cinq ans ? Pourquoi n’avait-on pas de films qui critiquaient notre président ? Pourquoi nos artistes étaient-ils emprisonnés ou censurés automatiquement ?

Quels conseils voulez-vous donner à vos petits-enfants ?

Je ne veux déjà pas avoir d’enfants tant que je ne vivrai pas sous une vraie démocratie ! Mais bon, supposons que j’en ai un jour. Je leur dirai de ne jamais s’endormir. La lutte pour la démocratie est un combat quotidien qu’on doit préserver précieusement !

 

Retrouvez Wael Abbas sur Facebook et Twitter !

Photo d’illustration : Said Ait Ali Said.

 

About Marisol Rifai

"Quand j’étais petite, je voulais être « journaliste quand je serais grande ». A 26 ans, dire qu’on a réalisé notre rêve d’enfance est une chance extraordinaire, mais qui ne doit pas s’arrêter là ! J’ai encore beaucoup de photos à chercher, de routes à amadouer, de personnes cachées à trouver. J’ai vécu au Mexique, en France et au Liban, dernière destination où j’ai pour l’instant posé mes valises, au service économique de l’Orient-Le Jour."
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